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Paris 06/10/2006 - Pour la première fois à Paris, un festival a proposé, du 27 septembre au 1er octobre, la découverte des cultures de La Caraïbe. Labellisé Francoffonies !, l’événement a connu un franc succès pour ce coup d’envoi. Avec des concerts de toute beauté, qui témoignent de la vigueur créative de la région.
Que connaît le public français des îles caribéennes - Haïti, Sainte-Lucie, Dominique, Martinique, Guadeloupe - sinon les groupes phares des années 1990 : Malavoi, Kassav ou Zouk Machine ? Que sait-on de leur vitalité artistique, de leurs expressions picturales ou littéraires, témoins d’un brassage ethnique et culturel entre Amériques, Europe et Afrique ? Par quelles créations s’affirme aujourd’hui l’identité de cette région du globe, si proche et pourtant mal connue ? Loin des images d’Epinal véhiculées par les agences touristiques à renfort de plages, de rhum et de zouk love, le festival Variations Caraïbes comble un vide, pour le bonheur d’un public "en manque" de manifestations. Cinq nuits thématiques |
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Pendant cinq jours, le soleil, la biguine et le jambon de Noël ont investi la Maison des Cultures du Monde. Si l’espace déambulatoire accueillait les expositions, des concerts animaient, chaque soir, l’auditorium de l’Alliance Française. Au menu de ces nuits thématiques : du jazz, du bélé (musique traditionnelle de Martinique), du blues, des chants vaudous, autant de déclinaisons de l’art caribéen. Avec pour ingrédients : de la bonne humeur et un public chaud-bouillant qui danse, chante, interpelle en créole, malgré un décor un peu guindé. La Nuit Bleue, en ouverture, fut assurée par l’un |
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des groupes les plus attendus de l’événement : les martiniquais Bwakoré, en concert pour la première fois à Paris. Afin de pallier l’absence du guitariste Ronald Boo Hinkson prévu en première partie, le quintette de jazz a régalé les auditeurs d’un show de plus de deux heures. Toujours inventive, la prestation n’a, jusqu’au bout, relâché ni le groove ni l’énergie, preuve d’un répertoire varié, et d’une générosité rare. Surtout, Bwakoré propose un art inouï, à mi-chemin entre musique traditionnelle martiniquaise (biguine, mazurka, grand bélé), et jazz. Le mélange laissait redouter le pire. C’est le meilleur qui fut offert ce soir-là, avec une cohérence et une articulation des deux univers, qui laisse pressentir l’émergence d’un genre musical nouveau. Duos et duels de saxophones au sommet, improvisations exaltées et chants créoles en cadeau, furent accompagnés d’une batterie swinguée, qui supporta la blue note sur un rythme biguine. Il n’en fallait pas plus pour sentir ses pieds battre la mesure, et se déhancher. Le public salua par une dancing ovation cette formation récompensée par la Sacem en 2004 pour un travail de réflexion musicale, qui rafraîchit. "Il y a du planteur dans le jazz" conclut un spectateur. RFI Musique - Anne Laure Lemancel |
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